vendredi 29 avril 2011

"Rébublicain": mensonges et idées fausses autours d'un terme fondateur QR

Le terme "Républicain" est aujourd'hui de plus en plus utilisé dans le débat public en France, pour tout sujet et parfois n'importe quoi.

Le plus souvent en positif, pour faire valoir "moi je suis un Républicain", signifiant "je m'inscrit dans l'histoire la culture et les fondements de ce pays, auquel je participe", avec les notions de service, d'abnégation, et l'horizon de définition du bon citoyen fidèle au pays. Avec l'emploi du terme aussi, fréquement, pour définir une limite entre ceux qui le sont, ceux qui ne le sont pas "vous n'êtes pas un républicain, vos idées sont contraires aux fondements de la République".

L'utilisation constante de ce terme dans la vie politique conduit à des attitude de mensonges et transformation de la signification du terme, au service de la cause de tout un chacun, y compris des tendances politiques dont toute la tradition s'est construite en opposition à la République.
Parce que ce terme-refuge est devenu commode.


Le FN parti républicain? Mon oeil!

Exemple de mensonge: le Front National, ainsi qu'une myriade de groupes d'extrème droite, utilise le terme "républicain et nationaliste", pour se définir à la fois dans:

- la normalité politique française, dans le but d'être acceptés et faire accepter leurs idées et valeurs

- une redéfinition "nationaliste" du terme et ses valeurs, qui signifie pour l'extrème droite: utiliser ce terme à tout propos, plaqué à n'importe quel thème d'extrème droite, pour imposer que les "vrais" républicains se sont eux et personne d'autre.

Redéfinition fermée, unique, qui permet de passer du cycle: mouvements rejetés pour leurs "valeurs" et continuités historiques (collaborationisme, antisémitisme, antimaçonisme, autoritarisme, rejet des élites ou de la représentation politique, de la liberté de la presse, etc..) a un autre: mouvement revendiquant le terme commun qui à servi à le distinguer et placer en marge du champ public, pour le transformer à son service, en se posant comme uniques défenseurs de thèmes républicains abandonnés ou prétenduments abandonnés par les "autres": souveraineté nationale et opposition à l'européanisme, maitrise des questions migratoires, laicité...

Premier mensonge donc: le Front National n'est pas un parti "républicain", il est la continuité d'un parti de nostalgiques de Vichy affirmés, qui publiait encore il y a peu d'années un numéro spécial de "National Hebdo" sur "les juifs", vieille obsession de l'extrème droite fascisante, dans des termes si scandaleusements antisémites, que ce numéro à été saisi.

L'attitude actuelle du Front National et de la myriade des groupuscules tournant autours n'est aujourd'hui que dans une phase de REPOSITIONNEMENT STRATEGIQUE et rien d'autre, surtout pas un changement de nature. C'est le résultat des débats qui ont amenés la fille le pen à la tête de ce parti, pour sortir de l'isolement et la stagnation électorale auxquelles les stratégie plus ouvertement provocantes et antirépublicaines précédemment menées l'avait conduit. C EST DU BARATIN POUR PARAITRE FREQUENTABLE ET FAIRE DU NOMBRE AUX ELECTIONS, rien d'autre. On attend les investigations sérieuses de la part des grands journaux pour faire connaitre au grand public la vraie nature de ce parti, et aussi des tractations éventuelles avec les partis (de droite) qui opèrent des rapprochements et le jugent plus fréquentable... (a suivre...)

Idées fausses

Parmis les idées fausses, dans cette constante référence au terme "Républicain", on peut noter:

- l'accusation que tout défenseur de la peine de mort est un "facho", un ultra réactionaire de droite: en France la peine de mort est au contraire au coeur de la façon dont la République s'est constituée. On peut même dire que la République est née par L EXTENSION DE L EGALITE DE TOUS LES CITOYENS FACE A LA PEINE CAPITALE A LA FIGURE DU ROI: c'est par la condamnation à mort de Louis XVI, que la République est née, et différente de la monarchie constitutionnelle anglaise! Plus choquant pour la gauche, c'est même la part de l'hémicycle située à gauche, qui ont décidé de la peine capitale... cette division est au coeur de l'imaginaire de la gauche telle qu'elle s'est constituée sous la Révolution: historiquement, face à la fin de la monarchie, la peine de mort est donc non seulement éminemment républicaine, mais qui plus est... de "gauche"!!!

On peut bien sûr considérer que les idées ont évolués en deux siècles, et qu'on procédé de justice soutenu par Robespierre, Napoléon, Ferry, Blum et tant d'autres figures de la République n'est plus de mise - on peut être républicain et opposé à la peine de mort - mais nier que la peine capitale soit liée à la naissance de notre république, et que ceux qui défendent encore sa légitimité puisse être républicains, est une fausse vérité.


- l'affirmation que Mitterrand ou De Gaulle sont des figures exemplaires de républicanisme: le premier cité a été militant d'extrème droite, fonctionnaire de vichy, ami du ministre de l'intérieur Bousquet, pronazi virulent, qu'il a reçu à l'Elysée... c'est la tache de honte sur toute la gauche qui se réclame de lui (sans parler de ses actions sur l'Algérie...)!
Concernant De Gaulle, son action après guerre, sa réhabilitation de la grande part des collabos (dont le même bousquet, nommé à la banque d'indochine, le préfet papon, et tant d'autres... le père de Liliane Bétancourt, patron de l'Oréal, pronazi... cette fois point commun entre mitterand et de gaule sur l'attitude envers les pires individus.), ses dérives autoritaires, son amitié pour pétain... beaucoup chez de gaulle aussi laisse une très mauvaise impression à qui veut bien voir en face, le de gaulle de l'après conflit.

Certes Mitterand est gagnant parmis les hontes nationales, puisque lui n'a pas attendu la fin du conflit pour avoir ce comportement honteux!

Toujours est-il que ces deux modèles affichés aujourd'hui par les républicains des parti de droite comme de gauche posent problème!

- "la république c'est la justice sociale": ce thème cher à la gauche, n'est pas tout à fait exact non plus, bien que louable: la République c'est constituée en compromis des forces sociales, la réalité est tout autant l'émergence progressive tout au long du 19è siècle, du libéralisme politique et entrepreneurial, que de l'affirmation des idéaux égalitaires et fraternels.

Quelle réalité au républicanisme?

La République, bien commun français, est le terreau historiquement constitué, ou ont éclots les idéaux de Liberté, Egalité, Fraternité, mais aussi les compromis politiques et organisationnels entre libéralisme et égalité, ou ordre public et libertés. Etre Républicain, c'est avant tout s'inscrire dans L ACCEPTATION DE CETTE PLURALITE DES FORMES DU REPUBLICANISME, dans la défense de la liberté d'expression, mais aussi dans la défense des cadres démocratique d'opposition des idées et d'émergence rationnelles des compromis et consensus.

La défense des idées est toujours chez le républicain tintée du RESPECT DE L OPPOSANT REPUBLICAIN, de sa liberté de parole, de la valeur de son opinion. La référence n'est pas dans notre république le seul rapport de forces, mais encore la Raison. Et la dialectique des opinions contracdictoires respectée à égalité par les institutions.

Les résumés trop sommaires et les caricatures qui fleurissent avec, les fausses identités républicaines d'opportunité, qui fleurissent aussi aujourd'hui, ne tiendrons pas à l'épreuve de la confrontation dialectique, ni des faits. La France à une profonde culture historique et du débat qui ne peut se réduire durablement à la caricature qui en est faite par les débats actuels.

... a suivre!

QR La Rédaction

2 commentaires:

  1. Bon sujet! c'est vrai qu'on met le terme république à toutes les sauces de nos jours.

    Voila ce que je sais du républicanisme:
    1/ Il s'agit d'un régime politique - traditionnellement opposé au monarchisme - où le pouvoir politique n'est pas transmis par le sang.

    2/ Dans l'histoire française je dirais qu'il regroupe les valeurs mises en avant par les fondateurs de la république puis par leurs héritiers et qui distinguaient ceux-ci de leurs opposants monarchistes. Parmi ces valeurs: souveraineté du peuple, indivisibilité de la république, centralisation de l'état, droits de l'homme, attachement au français comme seule langue commune, la laicité, l'assimilation.

    En second lieu je dois dire que le reproche que vous faites au FN sur ses ancetres politiques on pourrait le faire à n'importe quel autre parti actuel: le Parti Communiste qui pronait la dictature du proletariat jusqu'en 1976, le PS qui se réclame du Front Populaire qui a proposé le premier la préférence nationale, l'UMP héritière des libéraux opposés à la retraite par redistribution et à la sécurité sociale, je n'vous parle pas de l'extreme gauche!
    Bref si on applique votre facon de voir les choses, il n'y a plus de républicains nul part...

    Je crois que s'il existe de l'anti-républicanisme aujourd'hui il faut le chercher du coté des piscines à horaires ammenagés de Martine Aubry, des maires PS, UMP et PC qui financent avec l'argent publique des lieux de culte, l'abandon générale de l'assimilation au profit du multi-culturalisme, l'abandon de la souveraineté populaire au profit du parlement européen, l'abandon des frontieres qui impose une concurrence déloyal avec les pays émergents, l'imposition du TCE aux Français.

    Toutes ces choses choqueraient n'importe lequel des républicains dont nous sommes les héritiers, de nos terribles jacobins à De Gaulle en passant par les radicaux de la IIIe république.

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  2. L'engagement de nombreux communistes dans la Résistance donne à ce mouvement une légitimité forte, pour avoir participé à la défense du pays et des valeurs fondamentales aux moments ou la plupart les avaient trahis.

    Pour le reste, je ne peux que souscrire à votre définition du républicanisme et ses valeurs constitutives.

    En accord aussi avec le fait que de nombreux choix politiques, tous horizons confondus, procèdent d'une négation des valeurs républicaines fondamentales. Aspects que précisément ce blog à pour vocation de souligner au fil de l'actualité.

    Merci de votre contribution,

    QR Rédaction

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